Un label "salarié-aidant" récompense les entreprises

Pas facile de cumuler le rôle d'aidant avec son emploi. Certaines entreprises mettent en place des actions pour les soulager. Klésia vient de créer le label "salarié aidant" pour mettre en lumière les plus mobilisées et partager les bonnes pratiques.

11 mai 2019 • Par

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Sur 11 millions d'aidants, en France, plus de la moitié occupent un emploi. Si certains trouvent au travail une parenthèse nécessaire, un moment de répit, 44 % expliquent avoir du mal à concilier ces deux rôles (Baromètre 2017 de la Carac). Fatigue, stress, baisse de la performance… L'accompagnement des aidants devient alors un enjeu majeur pour les entreprises. Pour le groupe de protection sociale Klesia, c'est même une « priorité ». Dans ce contexte, il a co-construit avec Handéo le premier label « salarié aidant » qui récompense les entreprises les plus mobilisées. Six d'entre elles sont en phase expérimentale. L'objectif : mettre en lumière les bonnes pratiques pour, in fine, les partager.

Un label aidant friendly

37 % des aidants avouent ne bénéficier d'aucune aide extérieure (Baromètre BVA APRIL 2018). A contrario, de nombreux salariés n'ont même pas conscience de l'être et ne profitent pas des aides à leur disposition. Pour changer la donne, Klesia pilote, au nom de la  fédération Agirc-Arrco, une expérimentation qui se décline en plusieurs volets. Tout d'abord la mise en place d'un bus qui sillonne l'Hérault pour sensibiliser la population. Effectif début septembre 2019, il viendra en complément d'un espace dédié aux aidants au sein du centre de prévention de Montpellier. Deuxième axe, « la création d'un outil digital sur lequel les aidants peuvent réaliser une simulation afin de connaître les aides auxquelles ils ont droit », indique Delphine Bouzy, sa responsable de l'action sociale Ile-de-France. En parallèle, le groupe mène des ateliers de sensibilisation et d'accompagnement lors de la pause déjeuner. Le développement d'un outil numérique Kit'aide est également en cours. Ce label « aidant friendly » est l'ultime phase du projet.

Référentiel strict

Pour pouvoir y prétendre, il faut répondre à des critères stricts. Premier engagement : établir un autodiagnostic en fonction du nombre de salariés concernés et de leur âge. « La moyenne d'âge des aidants est de 52 ans et les entreprises sont plus ou moins impactées par le sujet. Plus le salarié est âgé, plus il a de chance d'être aidant », explique Delphine Bouzy. Il faut ensuite envoyer un questionnaire aux employés pour connaître leurs attentes puis définir une politique dédiée au sein de l'entreprise. Il faut également les informer sur le statut et les droits des aidants, impliquer l'ensemble des parties-prenantes, mobiliser des ressources externes (partenaires, associations), sensibiliser et former les managers… Un temps d'échange est prévu avec d'autres labellisés pour partager les expériences. La remise officielle des premiers labels aura lieu en octobre 2019. Tout ça dans cinq mois ? « Il y a du boulot ! », sourit Delphine Bouzy. 

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"

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