Ford invente l'ouvrier augmenté, équipé d'un exosquelette

Résumé : Comment limiter les troubles musculo-squelettiques, un enjeu majeur pour les entreprises ? En proposant aux travailleurs soumis à des tâches répétitives d'enfiler un exosquelette. Ford va ainsi équiper une quinzaine d'usines. Vers l'ouvrier augmenté

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Aux États-Unis, on a chiffré à un milliard de dollars chaque semaine le coût des maladies et accidents du travail pour les entreprises. Face à cette situation, Ford invente l'ouvrier augmenté qui sera maintenant équipé d'un exosquelette. C'est ce qu'annonce le constructeur automobile dans un communiqué publié le 7 août 2018 ; il va ainsi pourvoir une quinzaine d'usines dans sept pays avec l'objectif de rendre le travail moins éprouvant.

Armée, handicap, entreprise

Le principe de l'exosquelette a été créé à l'origine pour soulager les soldats de charges lourdes sur le terrain, il permet également de redonner de la mobilité aux personnes handicapées avec des modèles de plus en plus perfectionnés, pour certains commandés par la pensée (article en lien ci-dessous), mais c'est la première fois qu'il est utilisé dans un contexte « professionnel ». Son nom ? EksoVest. Mis au point par l'entreprise américaine Ekso Bionics, ce gilet n'est pas motorisé mais repose uniquement sur un mécanisme hydraulique qui adapte le soutien fourni aux mouvements des bras. Il propose aux travailleurs un soutien musculaire notamment lorsqu'ils doivent, de façon répétitive, porter un équipement à bout de bras afin de le placer sous les voitures, les rendant ainsi plus résistants à l'effort. Sur les chaînes de montage, certains font jusqu'à 4 600 fois le même geste par jour, équivalent à porter un sac de farine ou une pastèque.

Augmenter la cadence ?

Après un essai réalisé en novembre 2017, un ouvrier se dit plus en forme après le travail pour « jouer avec ses petits-enfants ». Cet outil aurait-t-il pour objectif d'augmenter la cadence ? Ford s'en défend et assure que ces équipements ont été réalisés uniquement dans le but d'améliorer le bien-être de leurs salariés. Dans un communiqué, il précise que « depuis 2005, les incidents qui entraînaient des pertes de temps de travail dans les usines Ford ont baissé de 75 %, et le taux d'accidents du travail en 2018 était l'un des plus bas au monde ». La réduction de la fatigue et de l'effort, qui peuvent entraîner des problèmes de santé, reste un enjeu économique majeur pour les entreprises.

TMS, une ampleur inégalée

Considérés comme la première maladie professionnelle, les troubles musculo-squelettiques représentent, par exemple, en France, 10 à 12 millions de journées de travail perdues, tous secteurs confondus, et près d'un milliard d'euros de frais couverts par la cotisation sociale par an (article en lien ci-dessous). Ils atteignent une « ampleur inégalée » selon Michel Sala, président de l'Association française des ostéopathes (AFO). Les TMS affectent surtout les articulations du haut du corps (épaules, coudes, poignets, cervicales…) mais les lombaires et les genoux peuvent également être touchés.

© Ford

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


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