Malvoyant, on refuse l'épreuve adaptée à l'examen d'avocat

Résumé : Valentin, malvoyant, a sollicité en mai 2018 le ministère pour obtenir un aménagement de l'épreuve de la note de synthèse pour son examen d'avocat. Refus au motif qu'il serait ainsi avantagé par rapport aux autres candidats. Il conteste...

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Un étudiant malvoyant, candidat à l'examen d'accès à la formation d'avocat à Nancy, veut contester devant la justice le refus du ministère de l'Enseignement supérieur d'adapter à son handicap une épreuve programmée le 1er septembre 2018.

Des aménagements insuffisants

Valentin Tonti-Bernard, 23 ans, a sollicité en mai le ministère pour obtenir un aménagement de l'épreuve de la note de synthèse, dans le cadre de l'examen d'accès en centre régional de formation professionnelle d'avocats (CRFPA). Il demande que le dossier de "30 à 70 pages" que les étudiants doivent balayer rapidement pour en faire la synthèse soit condensé. "J'ai une loupe qui multiplie par 12, une lecture en diagonale est impossible", a assuré l'étudiant qui a "1/100e à chaque oeil". Lors d'une commission handicap à l'Université de Lorraine, qui accueille l'examen mais ne l'organise pas, un médecin a préconisé une réduction du nombre de pages, estimant que les aménagements déjà proposés étaient insuffisants. L'étudiant dispose pour chaque épreuve d'un tiers temps supplémentaire, d'un ordinateur et d'un assistant. Mais si ce dernier lui lisait les documents, cela reviendrait "à ce qu'il fasse le travail à ma place et ce n'est pas son rôle", a précisé le jeune homme.

Un refus douloureux

Dans un courrier, transmis à l'AFP par M. Tonti-Bernard, le ministère estime que "l'adaptation demandée représenterait une rupture d'égalité par rapport aux autres candidats, car la note de synthèse ainsi adaptée constituerait un sujet plus facile pour le candidat". Il a motivé son refus par l'"homogénéisation" des sujets des épreuves écrites et des grilles de correction mise en place par la réforme de l'examen d'accès en CRFPA en 2016. "Je n'ai jamais rien demandé pour mon handicap et ce refus est douloureux", a commenté l'étudiant, précisant qu'il allait contester devant le tribunal administratif de Nancy cette décision.


Le refus d'adapter l'examen ne surprend pas Matthieu Juglar, avocat non voyant à Paris depuis sept ans et demi, qui pense que si un correcteur se rendait compte "qu'il y a une copie dans le tas où il n'y a pas tous les documents, ça (le) desservirait" et préconise "d'avoir le sujet sur support informatique avec une aide vocale".

© pogonici/Fotolia

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Commentaires

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Le 18-08-2018 par A quoi servez vous ??? :
Que font les associations de personnes handicapées en France ???

Le 22-08-2018 par Christ Yss :
Bonjour, il n'est pas normal de ne pas accéder à la demande de Valentin Tonti-Bernard, il est du ressort du ministère de trouver une solution pour répondre aux attentes et aux besoins de ce candidat motivé par le sens de la justice. Pourquoi ne saisit-il pas le tribunal européen. Et on nous dit que nous sommes un pays des droits de l'hommes ! Ou voir plus loin contacter notre cher Président puisqu'il a dit qu'il faisait du handicap une priorité. C'est en l'espèce une priorité. Mais, qu'on avance bon dieu, il est temps !

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