Un 'job-dating' pour faire tomber le tabou du handicap dans l'emploi

Résumé : Confiants ou dubitatifs, mais tous gonflés à bloc pour trouver un emploi, une quarantaine de personnes handicapées ont tenté leur chance auprès de recruteurs, lors d'un 'job dating',en ouverture de la Semaine pour l'emploi des personnes handicapées.

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Par Martine VERON

PARIS, 13 nov 2006 (AFP) -

[BC][EC]Dans la grande salle, une quarantaine de tables numérotées. Les candidats attendent, en consultant une liste d'employeurs, sans savoir qui de ces derniers va se diriger vers leur table. Les recruteurs, en revanche, ont fait leur choix en fonction des profils présentés et de leurs besoins, et se préparent à six entretiens chacun, menés tambour battant, en douze minutes exactement.
[BC][EC]L'Adapt (association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées) organise ces "jobs-datings" pour la 4ème année consécutive, et 15 sont prévus d'ici vendredi.
[BC][EC]L'émotion est palpable. Candidats et recruteurs partagent le même petit malaise en entendant sonner la cloche, qui va rythmer les six rencontres de la matinée.
[BC][EC]"C'est un peu stressant: là, c'est moi qui vais accueillir le recruteur, mais j'ai confiance", témoigne Samantha Schimmer, une jeune femme de 29 ans dont le handicap, une maladie qui lui rend la station debout pénible et exige une chaise adaptée, n'est pas visible. Elle a renoncé à cacher son handicap, mais s'est trouvée, dans sa recherche d'emploi, face à ce qu'elle appelle "un véritable racisme".
[BC][EC]"Là, l'employeur est déjà au courant, il se concentre sur notre motivation, nos compétences", dit-elle avec un dynamisme communicatif.
[BC][EC]La confiance n'est pas partagée par tous. Juliette Mauduit, 37 ans, dont le handicap est également invisible, vient "pour voir". La seule fois où elle a affiché son handicap, alors qu'elle allait signer son recrutement dans une PME, elle s'est vu répondre qu'"on n'embauchait pas d'handicapés".
[BC][EC]Deux heures et six entretiens plus tard, elle ne cache pas sa satisfaction: "Je les ai trouvés très ouverts. Trois entreprises m'intéressent vraiment", dit-elle.
[BC][EC]De leur côté, les recruteurs, souvent responsables de "missions handicap" au sein de grandes entreprises, sont vraiment venus pour embaucher.
[BC][EC]Plusieurs entreprises ont signé la "Charte de la diversité" lancée en 2004 par Claude Bébéar (Axa), et sont encore très loin du quota de 6% de salariés handicapés imposé par la loi en 1987, renforcée par des pénalités accrues en 2005.
[BC][EC]Randstad France (numéro 3 mondial de l'interim) a signé la Charte, mais n'a toujours aucun handicapé parmi ses 800 salariés. "Il y a eu le déclic mais ensuite c'est long, car on ne trouve pas facilement de candidats", assure Frédéric Sarabia, à la recherche de commerciaux. Il repartira avec "2 bons contacts".
[BC][EC]La "démarche citoyenne" est aussi mise en avant par Arval (location de voitures), qui affiche "6 salariés handicapés sur 1.000 personnes. "La loi Handicap a été un déclencheur", indique Isabelle Buisson, responsable Ressources humaines.
[BC][EC]Avec le "job-dating", "on brise un tabou", explique à l'AFP Philippe Van den Herreweghe, secrétaire général adjoint de l'Adapt, "le candidat n'est plus bloqué par rapport à son handicap".
[BC][EC]Dans quelques jours, certains des 40 demandeurs d'emploi recevront une ou plusieurs demandes d'entretien approfondi et 55% seront embauchés dans les six mois, les trois-quarts en CDI, selon l'Adapt, qui s'appuie sur les résultats des précédents jobs-datings.

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