L'acquisition des compétences : enjeu majeur de l'emploi des travailleurs handicapés

Résumé : C'est sous ce thème que le GIL MEDEF du Rhône a réuni le mardi 12 novembre 2002 à la Cité des Entreprises les opérateurs de l'insertion professionnelle des personnes handicapées accompagnés d'un certain nombre de chefs d'entreprises.

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Objectifs: trouver les lignes directrices qui peuvent amener les politiques de formation à répondre aux attentes des entreprises pour développer l'emploi des personnes handicapées ayant suivit une formation qualifiante.

[BB]Remarques principales des intervenants:[EB]

Bertrand Millet (Président GIL MEDEF) : «un handicapé, est un salarié comme un autre avec en plus l'envie de s'en sortir !»

Claudie Buisson (DG Agefiph) . En fonction depuis deux mois :
«Je souhaite à la fois exercer cette mission en ayant une approche globale du sujet et une approche de terrain, car nous avons beaucoup à inventer pour rendre meilleure l'insertion professionnelle des personnes handicapées »

Raymond Chabrol (représentant Etat) : «Avec les moyens que nous avons aujourd'hui, si on fait preuve de créativité on peut faire beaucoup plus»

Gérard Masson chargé de mission insertion à l'EDF «Il faut mieux reconnaître le handicap et les handicapés. Il faut éviter que le handicap fasse peur»

S'il est avéré que la personne handicapée peut et doit avoir sa place dans le monde du travail sans discrimination, les solutions immédiates n'existent malheureusement pas.
- 1er constat, le niveau de formation des personnes handicapées est véritablement trop faible, 85% sont de niveau CAP ou en dessous.
- Cette population est vieillissante et la génération montante n'est que peu qualifiée.
Le cas des personnes sourdes a été particulièrement développé. Elles sont exclues du monde du travail ordinaire, comme protégé. Leur prise en charge est trop tardive et les dispositifs d'accueil et de formation peu nombreux.

Pour Laure Dagorne responsable régionale de l'AFIJ «Les jeunes handicapés qui arrivent aux études supérieures sont très minoritaires, ce qui est en partie du au fait qu'ils méconnaissent les dispositifs d'aide en vigueur, telles que les associations d'appui aux études supérieures ».

Mais si la formation initiale fait défaut, l'accès à la formation professionnelle d'autant plus difficile que 75% des travailleurs handicapés ont acquit leur handicap au cours de leur vie professionnelle antérieure. Il faut retenir que ces personnes n'avaient déjà qu'une faible qualification. Ensuite elles n'ont accès qu'à des formations de niveau CAP ou BEP. Celles qui arrivent plus haut ne sont qu'une petite poignée.
De plus la formation professionnelle ou continue pose le problème de la mobilité très faible des candidats. Les centres de formation ne sont pas toujours à proximité et la mobilité réduite ajoute un frein. On remarque aussi un cloisonnement des structures de formation spécialisées et de droit commun qui nuit à l'évolution de beaucoup de personnes qui visent le milieu ordinaire de travail.

«Il faut aller au delà des dispositifs existants depuis des années» Claudie Buisson souhaite que les opérateurs de l'emploi se préoccupent des métiers d'avenir au plan macroéconomique. Il faut avoir une approche structurelle et non conjoncturelle. Les entreprises vont être demandeurs d'emploi dans les dix prochaines années. Il faut donc avoir une politique offensive en repérant les métiers porteurs et avoir une approche terrain. »

Raymond Chabrol incite à l'expérimentation de nouveaux dispositifs sans attendre que l'Etat donne son accord.

Alain Segondini de la société Thalès suggère qu'il «faut évoluer vers une logique d'entreprise en créant un poste de correspondant qui ferait le lien entre l'entreprise, l'université et les Cap emploi ».

Françoise Darmon dénonce le fait que selon elle «les Cap Emploi devraient avoir une meilleure connaissance des métiers de l'entreprise».

Selon Agnès Roche, «Il y a de gros efforts de fait de la part des Cap emploi, qui créent des initiatives pilotes pour que les professionnels, les travailleurs handicapés et les Cap emploi se rencontrent.»

Claudie Buisson conclut: «Nous souffrons d'une connaissance très insuffisante de notre public comme des entreprises."

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