Un droit de réponse ...capital !

Résumé : Lors de l'émission de Capital du 6 octobre, je suis tombée sur un reportage qui m'a laissée sans voix...

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Le reportage de Capital : comment défaire en 5 minutes ce que d'autres ont mis des années à construire ...


Lors de l'émission de Capital du 6 octobre, je suis tombée sur un reportage qui m'a laissée sans voix…
Le thème de la soirée portait sur le sujet : "Touche pas à mes avantages !". Au cours de cette émission, la question du handicap a été abordée sous un angle un peu douteux …
Et puis arrive le dernier reportage de l'émission : les pratiques des lobbies ... Tout y passe, ou presque : des fameux lobbies du tabac à ceux de l'industrie pharmaceutique … "Leur job, dixit le journaliste, c'est de défendre les intérêts de groupes privés auprès des pouvoirs publics".
Jusqu'ici, on s'attendait un peu à ça. Jusqu'ici, pas de surprise. Jusqu'ici ...

Pour illustrer le reportage, les journalistes ont présenté le cas de Madame Lorrain, DRH de la société Yoopala basée à Nice, conseillée par Le Cabinet Thomas Legrain Conseil avec à sa tête, un homme d'affaire, Monsieur Legrain et son associé, ancien préfet, Monsieur Molle.
Madame Lorrain a traversé la France pour faire appel aux "habiletés" de Monsieur Legrain et de Monsieur Molle et tenter de trouver une solution à un gros souci qui pourrait mettre l'entreprise en péril ... Yoopala doit régler "une amende" de près de 250.000 euros à l'Agefiph car elle ne remplit pas le quota d'embauche de travailleurs handicapés. Les deux compères vont donc la conseiller dans la rédaction d'un courrier que la DRH souhaite envoyer au ministre concerné pour obtenir "une dérogation".
Selon Madame Lorrain, il est difficile voire impossible de recruter des personnes handicapées dans son secteur d'activité (la garde d'enfant et les services à la personne). Et s'il arrivait un accident à la personne handicapée ou à l'enfant dont elle a la charge ! Cela nuirait à toutes les personnes handicapées de notre pays !

Tous les clichés moyenâgeux qui font de l'intégration du handicap dans notre pays un long et difficile chemin sont réunis dans ce cas pratique. Il y a tant à dire sur cet étalage d'incompétence (sans parler du rôle des media dans l'enracinement des clichés) que je préfère poser quelques questions. Le débat reste ouvert ...

- 80% des handicaps sont invisibles et 2% des personnes handicapées sont en fauteuil roulant. Quels sont les types de handicap qui pourraient empêcher une "nounou" de faire son travail ? Tous les postes de travail proposés par cette entreprise sont-ils incompatibles avec tous les handicaps ? Quels sont les aménagements de poste qui pourraient compenser les situations de handicap ? Une personne non handicapée sera-t-elle forcément plus compétente ?
- Le niveau de qualification de 80% des travailleurs handicapés est inférieur au bac. Or, c'est justement le secteur des services à la personne qui recherche le plus de personnes peu qualifiées. Yoopala n'a-t-elle jamais cherché à exploiter ce vivier ?
- Yoopala a été créée en 2001. Depuis lors, la loi de 2005 a été votée et a renforcé les sanctions. L'Agefiph a déployé de gros moyens pour aider les entreprises à remplir leur obligation d'emploi. Depuis 2001, la Direction de Yoopala ne s'est-elle jamais penchée sur la question ? Chaque année, elle verse une contribution de plus en plus élevée et n'a pas réagi d'autant plus que soit disant, cette "amende" pourrait faire couler l'entreprise ? Cette (grande) entreprise a-t-elle une stratégie RH ? A-t-elle une stratégie tout court d'ailleurs, à part utiliser le chantage comme moyen de gestion ?

Beaucoup d'autres questions sont encore à soulever. Les lecteurs le feront certainement.

Et espérons que le ministre qui recevra cette lettre les posera à Yoopala.
Et si on proposait à Capital de réaliser une émission sur le travail acharné que font chaque jour tout type d'acteurs économiques dans notre pays ? Et si on montrait les entreprises qui ont fait de l'intégration du handicap un axe stratégique et qui ont préféré transformer une obligation légale en opportunité de faire de la fragilité un levier de développement de leur performance ? Et si on illustrait tout ça par les milliers d'initiatives réussies (ou pas) déployées par les associations, les pouvoirs publics, les institutions, les individus ?
Je suis certaine que l'audience s'en ressentirait …

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