Les patrons face au handicap : leur point de vue !

Résumé : Que pensent les patrons de l'emploi des personnes handicapées ? C'est à cette question qu'ont répondu 653 d'entre eux dans le 1er baromètre de la Fondation Malakoff Médéric Handicap. Ils ont l'intention de recruter, malgré de nombreux préjugés.

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Face au handicap, les patrons sont encore plein de préjugés. 68% estiment par exemple que seules certaines fonctions sont accessibles aux travailleurs handicapés. La Fondation Malakoff Médéric Handicap a donc décidé de décortiquer leurs préoccupations afin de proposer des solutions à un engagement, somme toute, généralisé puisque, pour 70% des entreprises, l'emploi de personnes handicapées est une préoccupation. Cette Fondation dévoile, le 16 novembre 2015, le 1er baromètre de son Observatoire de l'emploi. Un coup de projecteur unique qui affirme que les stéréotypes persistent et les points de blocage sont évidents mais, constat encourageant, les entreprises ont encore l'intention de recruter…

Une analyse en 40 pages

Dès sa création en 2013, la Fondation Malakoff Médéric Handicap, qui a pour credo « Soyons la génération de l'action ! », s'est mobilisée pour produire des outils facilitant l'accès à l'emploi des personnes handicapées. Dans ce but, elle a créé, début 2015, l'Observatoire de l'emploi des personnes handicapées en entreprise, en partenariat avec les acteurs clés de l'insertion professionnelle, dont l'Agefiph. Ce premier baromètre, qui devrait être reconduit tous les deux ans, est issu de son travail. Cette enquête complète en 40 pages (en lien ci-dessous, une synthèse en 7 pages) s'est construite à partir de la collecte et de l'analyse de l'ensemble du fonds documentaire portant sur le thème emploi et handicap depuis 5 ans. Six mois d'un « travail de titan » selon la directrice générale de la Fondation, Marie-Lucile Calmettes. « Nous livrons la fleur de sel, explique-t-elle, pour prendre date, mais il y beaucoup de matière que nous comptons exploiter. »

653 entreprises passées au crible

Les enquêteurs ont mené un travail minutieux d'écoute puisque chaque sondé, issu de 653 entreprises clientes du groupe Malakoff, a été interrogé durant une vingtaine de minutes. Un vaste panel d'entreprises a ainsi été passé au crible, toutes tailles, même celles de moins de 20 salariés non soumises à l'obligation d'emploi, toutes activités, dans toutes les régions. Une « photo » de la France, « riche » de ses contradictions et de ses approximations ; par exemple, 67% des chefs d'entreprise jugent que la loi handicap de 2005 est un bon dispositif et, pourtant, seulement 42% déclarent savoir exactement ce qu'elle contient.

Des signaux positifs

Il en ressort que de très nombreux dirigeants continuent d'avoir des représentations erronées, 72% pensant par exemple que la législation concerne le handicap moteur alors que ce dernier ne touche que 13% de la population handicapée. Mais la quasi-totalité de ceux qui ont « franchi le pas » se disent pleinement satisfaits et ont envie de devenir des ambassadeurs… Selon Marie-Lucile Calmettes, « la société est en mutation sur ce sujet et laisse entrevoir des signaux positifs. Notre propos c'est de rebondir sur ces intentions qui ont l'air sincère en proposant des solutions. » La Fondation Malakoff a notamment mis en place une filière de détection dédiée aux autistes Asperger. Elle s'investit par ailleurs aux côtés du Collectif national sur l'emploi accompagné avec l'ambition de modéliser un service à la française qui permettrait d'obtenir un véritable statut juridique ; « la condition sine qua non, selon madame Calmettes, pour investir le champ du handicap complexe, psychique ou mental. »

2 millions d'euros chaque année

« Ce baromètre n'est pas une finalité en soi mais permet d'orienter et de légitimer les choix de la Fondation, poursuit-elle », qui consacre chaque année deux millions d'euros à des actions en faveur de l'emploi des personnes handicapées. Elle identifie des projets innovants et s'engage sur le long terme afin de permettre la généralisation sur tout le territoire des idées ou réalisations les plus pertinentes. « Quand on a de telles responsabilités, poursuit la DG, il faut être certain que les actions menées correspondent aux besoins. Quand les managers vous disent qu'un des freins à l'embauche, c'est le manque de services adaptés, cela ouvre la voie à des dispositifs de modélisation de l'emploi accompagné. » C'est d'ailleurs ce qui ressort de cette étude : 33% des entreprises ont l'intention de recruter des personnes handicapées dans les douze prochains mois mais la grande majorité dit avoir besoin d'être aidée ; cela suppose un accès facilité à des profils répondant à leurs attentes (84%), un appui d'organismes spécialisés (70%) ou des démarches administratives simplifiées et clarifiées (65%).

Une Semaine dédiée

Rappelons, que seulement 3,1% des salariés des entreprises françaises du secteur privé sont en situation de handicap contre les 6% exigés par la loi. Ce taux peine à évoluer avec une progression infime de 0,1% chaque année. Et lorsqu'elles intègrent une entreprise, les personnes handicapées sont à 89% des employées, ne représentant que 9% des cadres et 2% des membres de direction. Il y a donc encore fort à faire pour ébranler les immobilismes. La Semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées s'y emploie ; maintenue malgré les attentats du 13 novembre, elle a lieu dans toute la France du 16 au 22 novembre 2015 (articles en lien ci-dessous). C'est aussi là toute l'ambition de la Fondation : renverser la tendance et faire que l'embauche de salariés en situation de handicap soit « vécue comme une véritable chance ».

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


Commentaires

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Le 04-04-2016 par titi37 :
"Il en ressort que de très nombreux dirigeants continuent d'avoir des représentations erronées"
C'est logique, et c'est la raison pour laquelle la croissance par habitant ne fait que chuter dans notre pays depuis plus de 5 décennies.
Un dirigeant a par définition une situation matérielle plus confortable que la masse ; en contrepartie, elle doit œuvrer à l'amélioration des conditions de vie du peuple qui l'entretient.
Les dirigeants, en majorité (public et privé) sont de plus en plus à "l'ouest", ont des idées fausses, et culpabilisantes pour les "petites gens" ("salariés protégés", "fainéants d'assistés", "fonctionnaires privilégiés"...), des bonnes places acquises grâce à une naissance douillette, légitimées par un parcours scolaire conforme au maintient des inégalités, qui par la satisfaction d'un niveau théoriquement plus élevé sanctionné par des titres scolaires, leur procure le droit "darrêter de penser" ; bref, il n'y a pas grand chose à attendre d'eux...
1792, 1870, 1940,

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